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Le
Code la Propriété Intellectuelle régit les inventions
de salariés, mais précise toutefois que ces dispositions ne s’appliquent qu’à
défaut de stipulation contractuelle plus favorable au salarié. Le
CPI distingue tout d’abord 3 grandes catégories d’inventions qui subissent des
régimes juridiques différents et les droits de l’employeur sur l’invention vont
dépendre de la catégorie à laquelle l’invention sera rattachée. I ) Les inventions de mission Ce
sont les inventions faites par le salarié soit : - Dans
le cadre d’un contrat de travail comportant une mission inventive qui correspond
à ses fonctions effectives - Dans
le cadre d’études et de recherches qui lui sont explicitement confiées Ces inventions appartiennent à l’employeur. L’inventeur
salarié ne dispose alors d’aucune prérogative sur son invention mais va bénéficier
d’une rémunération supplémentaire dont les modalités sont définies par les conventions
collectives, accord d’entreprise ou par contrat. II) Les inventions hors mission Le
CPI distingue ici deux catégories d’inventions hors mission : les inventions
hors mission attribuables ou non attribuables à l’employeur. A ) Les inventions hors mission attribuables à l’employeur Il
s’agit des cas ou l’inventeur, en dehors de toute mission inventive, réalise une
invention dans des hypothèses diverses : - Au
cours de l’exécution de ses fonctions- Dans
le domaine d’activité de l’entreprise - Avec
les moyens ou connaissances techniques de l’entreprise - Avec
des informations procurées par l’entreprise ( plans, documents) Dans
ces différentes hypothèses, l’employeur est en droit de demander au salarié l’attribution
de l’invention. Ces conditions ne sont pas cumulatives, une seule d’entre elles
suffit à l’employeur pour faire jouer son droit d’attribution de l’invention.
Toutefois, le salarié inventeur touchera un « juste prix ». A défaut
d’accord entre l’employeur et le salarié sur le montant de ce « juste prix »,
les tribunaux en détermineront le montant. B ) Les inventions hors mission Il
s’agit de toutes les autres inventions n’entrant dans aucunes des catégories précédemment
exposées. La loi est claire, ces inventions appartiennent au salarié inventeur. !!! ATTENTION !!! La
loi impose à tout salarié qui vient de créer une invention, d’en informer son
employeur. Cette lettre de déclaration d’invention doit préciser dans quelle catégorie
d’invention le salarié estime classer cette dernière. Il s’agit d’une proposition
de classement que l’employeur va pouvoir accepter ou contester. Par
ailleurs, le salarié et l’employeur doivent se communiquer tous les renseignements
utiles et nécessaires sur l’invention et s’abstenir de toute divulgation. Attention,
toute divulgation de l’invention détruit sa nouveauté et rendra son dépôt impossible. L’employeur
dispose alors d’un délai de 2 mois pour répondre à la proposition de classement
du salarié. Le silence pendant plus de 2 mois de l’employeur vaudra acceptation
du classement proposé par l’employé. Si l’invention appartient à une catégorie
qui permet l’exercice du droit d’attribution par l’employeur, celui dispose d’un
délai de 4 mois, à partir du jour ou l’invention à été portée à sa connaissance,
pour la revendiquer. Si
aucun accord n’a pu être obtenu entre l’employeur et le salarié sur le classement
de l’invention, plusieurs voies sont possibles : Les
parties peuvent tout d’abord saisir la Commission Nationale des Inventions de
Salariés qui va effectuer une tentative de conciliation préalablement à toute
action en justice. Le recours à la CNIS n’est pas obligatoire mais le devient
si l’une des parties en fait la demande. La CNIS va proposer une classification
de l’invention que les parties seront en mesure d’accepter ou pas. En cas de désaccord
sur la classification proposée il appartiendra à l’une des parties de saisir le
tribunal compétent pour résoudre le litige. |